Déficit démographique en Europe : l’immigration est-elle la solution ?

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Pendant plus de deux siècles,
le continent européen a été une terre d’émigration.
Mais depuis une soixantaine d’années, la situation s’est inversée
: les pays européens se font terre d’accueil pour les migrants internationaux
et les demandeurs d’asile. La prospérité du continent et son
fonctionnement démocratique continueront d’en faire une destination
de choix. Est-ce la solution à une population démographique qui
décline? De plus en plus d’hommes politiques et universitaires en
sont persuadés.
En 2005, l’Union Européenne a atteint un pic migratoire
de 2 millions de personnes, qui ont eu pour principales destinations l’Italie
et l’Espagne.
Ces deux pays, tout comme le Royaume-Uni, figuraient au siècle dernier
parmi les principaux pays d'émigration : ils sont désormais parmi
les pays qui ont le solde migratoire (immigration-émigration) le plus
élevé au monde.
L’immigration, un élément positif pour la population
européenne
Les statistiques varient bien sûr d’un pays à l’autre
: certains nouveaux pays membres de l’UE comme la Pologne ou l'Estonie
connaissent un solde migratoire négatif, leur population émigrant
davantage que l’immigration qu’ils enregistrent.
Au niveau européen, on estime que la population immigrée représente
en moyenne 8,6% de la population totale de l'UE. Ces chiffres entretiennent
beaucoup de craintes. Pour la française Françoise Castex (Parti
Socialiste Européen), auteur d’un rapport sur l’avenir démographique
de l’Europe, il faut pourtant considérer l’immigration comme
un élément positif pour la population du continent.
Car avec une population vieillissante et un taux de fécondité
faible, on estime que d’ici 2050, près de 56 millions de travailleurs
immigrés seront nécessaires en Europe pour pallier aux besoins
de l’économie (source : Etude de la Commission européenne
d’octobre 2007). L’immigration serait donc une des solutions au
vieillissement de la population européenne.
Des réticences liées au défi de l’intégration
Pourtant, selon un sondage Eurobaromètre, seuls 4 européens sur
10 estiment que les immigrés contribuent positivement à leur pays.
L’intégration jugée insuffisante des migrants dans leur
société d’accueil jette ainsi une ombre sur le phénomène
d’immigration.
Pour contrer les opinions xénophobes, le rapport de Françoise
Castex plaide pour une approche claire et raisonnée de l’immigration.
Les immigrés doivent obtenir une sécurité légale
et sociale, tandis qu’il faut particulièrement surveiller et pénaliser
les trafiquants humains et employeurs peu regardants sur les papiers de leurs
travailleurs.
Une « carte bleue » pour les immigrants hautement qualifiés
Pour attirer les personnes qualifiées et encourager leur immigration,
l’Union Européenne envisage de créer un permis de travail
spécial, sous forme de « carte bleue ». Le Parlement européen
a déjà fortement soutenu ce projet dans le rapport de la députée
Lilli Gruber, adopté en septembre dernier. Car les députés
estiment que le marché européen du travail est bien demandeur
d’une immigration légale bien gérée.
L’expérience de l’Espagne et de l’Irlande est à
ce titre parlant : leur croissance économique des années 1999-2005,
supérieure à la moyenne européenne, est étroitement
liée à l’afflux massif de travailleurs étrangers.
Immigration légale vs. immigration clandestine
Le problème de l’immigration clandestine semble pourtant occulter
les bénéfices évidents d’une immigration bien gérée.
Si les chiffres sur l’immigration illégale au sein de l’UE
sont controversés, on peut néanmoins avancer une estimation entre
4.5 et 8 millions d’illégaux sur le sol européen.
Pour le député espagnol Javier Moreno Sanchez, auteur d’un
rapport à ce sujet, il importe de ne pas traiter les immigrés
illégaux venus de pays tiers comme des criminels : beaucoup d’entre
eux ont risqué leur vie pour venir chercher en Europe leur liberté
ou leurs moyens de subsistance.
Entre contenir l’arrivée massive de clandestins sur le sol européen
et encourager l’immigration légale (notamment des personnes qualifiées),
l’Union Européenne, quant à elle, se cherche une politique
de l’immigration cohérente.
Source : Parlement européen
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