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Article isssu de
la revue Population & Avenir http://www.population-demographie.org
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Disposant du pays le plus
vaste du monde et de ressources considérables, la Russie voudrait bien
voir utiliser à son propos le terme de « grand »
dont bénéficiait feu l’URSS. Mais sa population diminue
fortement et son poids démographique relatif dans le monde baisse encore
plus1.
La Russie a atteint un
maximum de population en 1992 avec 148,3 millions d’habitants. Depuis,
chaque année enregistre une population moindre par rapport à l’année
précédente et la dernière évaluation (2006) donne
moins de 143 millions d’habitants, soit une perte de plus de 5 millions
en quatorze ans. Quelles sont les causes d’un tel dépeuplement ?
Elles ne tiennent pas à une hémorragie migratoire puisque le solde
migratoire de la Russie est positif depuis 1974. Notons néanmoins que
cet apport migratoire est limité, 107 432 en 2005 et 128 316
en 20062, ce qui signifie un taux d’accroissement migratoire beaucoup
plus faible que celui de l’Union européenne ou des États-Unis.
1.Les naissances
et les décès en Russie

La perte de population de
la Russie provient donc du solde naturel, d’un excédent très
élevé des décès sur les naissances depuis 1992,
souvent supérieur de plusieurs centaines de milliers par an. Examinons
seulement la dernière année connue, 2006 : elle compte 146
cercueils pour 100 berceaux. Quelles peuvent être les raisons de ce déficit
naturel considérable, jamais vu en période de paix ?
D’une part, la fécondité
de la Russie est basse, inférieure à 1,5 enfant par femme depuis
1992 et les effectifs des générations en âge de procréer
ne sont pas très élevés en raison de l’histoire démographique
de la Russie.
D’autre part, la
Russie connaît une forte surmortalité, le taux de mortalité
le plus élevé de l’ensemble de l’Europe, double de
celui de la France ou des Pays-Bas. Cette surmortalité concerne tous
les âges de la vie, avec déjà un taux de mortalité
infantile plus du double de celui de l’Europe occidentale ou de l’Europe
septentrionale.
Cette surmortalité1
est encore plus marquée pour le sexe masculin, puisque son espérance
de vie à la naissance est de seulement 59 ans (76 ans au Royaume-Uni,
77 ans en France) et celui des femmes de 72 ans (81 ans au Royaume-Uni, 83 ans
en France).
Il importe enfin de noter
que la dépopulation de la Russie ne semble pas devoir s’enrayer
si l’on considère les projections puisque même celles réalisées
selon des hypothèse hautes annoncent un recul à 131 millions en
2040 et, selon les hypothèses basses, à 102 millions.
1.La population
de la Russie

Même si la Russie
reste membre permanent du conseil de Sécurité de l’ONU,
comment sa chute démographique pourrait-elle lui permettre de redevenir
un des deux « grands », alors que son poids démographique
dans le monde diminue et que ce pays va en outre souffrir d’un manque
accru de main-d’œuvre, à tous les niveaux de compétence,
l’obligeant à des accords internationaux ?
Source La revue
Population & Avenir http://www.population-demographie.org
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