Voyages en autocar : séduire les baby-boomers grâce aux options

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Pour conjurer les réticences des baby-boomers, les grossistes qui organisent
des circuits ont inventé une nouvelle formule : les voyages à options.
Aux États-Unis, la moitié de la clientèle des organisateurs
de circuits en autocar est composée de jeunes (des excursions scolaires,
des voyages de ski, des équipes sportives) et de consommateurs âgés.
À propos de ces derniers, Romain Girard, président de l'Association
des propriétaires d'autobus du Québec (APAQ), a une formule-choc
: «Nos clientèles senior passent directement de l'autocar à
l'ambulance et ils ne nous reviennent pas.» Or, le groupe démographique
qui devrait normalement prendre leur relève, celui des baby-boomers,
est réfractaire à l'idée de voyager en groupe. «Mais
paradoxalement, lorsqu'on leur demande s'ils sont intéressés à
faire une croisière, la majorité s'exclament : «Oui, oui!»
constate Peter Pantuso. Ils acceptent volontiers de s'entasser à 3000
pendant une ou deux semaines sur un paquebot, mais pas de s'intégrer
à un groupe de 30 personnes dans un autocar. Quand nous leur demandons
s'ils sont intéressés à aller passer un week-end à
New York, ils nous disent : «Oui, ça m'intéresse, mais je
veux le faire à ma façon.» C'est difficile de répondre
à ce genre de demande!»
Pour renverser la tendance, les groupes de pression comme l'ABA ou l'ATRAQ,
jouent plusieurs cartes. Notamment celle du tourisme durable. «L'autocar
est le moyen de transport le moins énergivore, donc le moins polluant»,
affirme Peter Pantuso. Selon les données de l'ABA, la consommation de
carburant en termes de passagers/milles se chiffre en moyenne 35 milles/passagers
par gallon pour l'avion et la voiture, alors que chaque gallon consommé
par un autocar permet de transporter un voyageur sur une distance de 146 milles.
Autrement dit, l'avion et la voiture consomment quatre fois plus de carburant
par passager que l'autocar.
Mais c'est en introduisant des formules plus flexibles que les organisateurs
de circuits comptent amener les baby-boomers à cesser de les bouder.
Ainsi, Peter Pantuso observe que la formule «croisière» présente
une différence notable avec le circuit en autocar traditionnel : à
chaque escale, les participants ont le choix entre une variété
d'excursions : à San Juan de Porto Rico, par exemple, on leur propose
une visite de la vieille ville, une excursion dans l'île, le transport
vers une plage, un forfait de golf ou encore une après-midi de détente
dans un spa local. «Nous sommes entrés dans l'ère du choix
en matière de loisirs, note Peter Pantuso. Le consommateur à la
page n'achète plus un CD : il télécharge plutôt sur
son iPod 25 chansons repiquées sur autant d'albums différents.
C'est la même chose pour le circuit en autocar : les gens ne se contentent
plus de s'asseoir sur un siège et d'enregistrer tout ce qu'on leur montre.
Ils veulent être impliqués. Nous devions donc concevoir des produits
qui correspondent à la nouvelle manière de consommer. Ce qui a
amené certains de nos membres à commercialiser des circuits à
plusieurs options.» Un grossiste qui programme une fin de semaine à
New York, par exemple, proposera un choix de plusieurs hôtels et de plusieurs
spectacles et un service de navettes vers plusieurs musées.
Parallèlement, les opérateurs de circuits commercialisent des
voyages plus chers et plus sophistiqués. «La demande grimpe vers
le haut de gamme, dit Peter Pantuso. Nos sondages indiquent que les consommateurs
sont prêts à payer 25 % de plus pour des prestations qui correspondent
à leurs attentes.» Une constatation entérinée par
les opérateurs de circuits québécois. «Les nouveaux
produits axés sur le luxe, le prestige et la flexibilité se vendent
bien, remarque Romain Girard, président de l'APAQ. On voit apparaître,
ici, des nouveaux types de forfaits associés à des intérêts
particuliers.» C'est le cas, notamment, des forfaits littéraires,
lancés par Québec Loisirs en collaboration avec le grossiste Groupe
Voyages Québec. Ces deux partenaires commercialisent des séjours
dans les Appalaches ou dans une autre région de villégiature avec
un auteur comme Marie Laberge. «Individuellement, les gens n'auraient
pas accès à Marie Laberge. Mais dans le cadre d'un groupe comme
celui-là, ils peuvent lui parler pendant un week-end.»
Ainsi, sur le site de l'APAQ (www.apaq.qc.ca), c'est l'onglet «Produits
privilège» qui déclenche le plus de clics. On y trouve une
liste de 120 forfaits qui permettent aux participants de vivre une expérience
particulière : voyager avec un orchestre qui va enregistrer un disque
et participer à l'enregistrement, participer à une visite privée
du zoo de Saint-Félicien en hiver (alors que le zoo est fermé
au public), passer un week-end avec un auteur... Pour les organisateurs de circuits
en autocar, le salut passe par la flexibilité et la créativité.
source : www.cyberpresse.ca
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