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Quels sont les champs
d’interventions couverts par les AGEFOS-PME ?
AGEFOS-PME est un organisme paritaire collecteur agréé. Notre
mission est de collecter les budgets de formation des petites et moyennes entreprises,
d’en assurer la gestion et de financer des actions de formation.
Nous avons aussi une mission
de conseil et accompagnons les équipes de direction et les équipes
RH des entreprises pour ce qui relève du développement des compétences
et la prévention des risques, notamment, la discrimination (Plan de formation,
VAE, bilans de mi-carrière etc…)
Notre action est très
centrée sur les bassins d’emploi au cœur desquels nos conseillers
sont installés. Nous ne sommes pas un organisme de formation. AGEFOS
prescrit, conseille les entreprises.
Nous organisons par exemple
des formations collectives et les dirigeants qui sont intéressés
inscrivent leurs salariés. Nous assistons aussi l’entreprise dans
la mise en place de son plan de formation.
En ce qui concerne la VAE,
nous mettons en place des VAE collectives, nous travaillons avec la plate-forme
inter certificateurs, nous faisons rencontrer les certificateurs avec les salariés,
nous finançons, mais nous ne sommes pas des certificateurs.
En qualité de responsable
R&D, je travaille avec les équipes sur des projets innovants qui
associent l’intérêt du territoire, ceux du salarié
et de l’entreprise.
Nous avons par exemple
conduit, avec l’aide du Fond Social Européen au titre du Programme
d’Initiative Communautaire EQUAL deux dossiers ambitieux:
Le premier visait à
encourager et favoriser la mobilité professionnelle au sein de territoires
en lien avec l’ensemble des acteurs du bassin d’emploi. Une soixantaine
d’entreprises à ainsi pu être accompagnée. Le deuxième
concernait l’articulation des temps personnels et professionnels sur des
territoires industriels mais aussi ruraux. Au titre de ce dossier, nous avons
contribué à répondre aux questions posées par les
dirigeants d’entreprise : : comment faire pour attirer les salariés
chez nous ? les fidéliser ? quels services leurs proposent-on ?
comment vont-ils se transporter ?…
La crise fait-elle
évoluer les comportements des Dirigeants ?
Oui, notamment chez les dirigeants de PME. L’inquiétude fait partie
de leur quotidien, les plans de charges ont parfois chuté. Ils sont inquiets
pour l’avenir de leur entreprise mais aussi pour l’avenir de leurs
salariés. Ils sont prêts à recourir à toutes les
alternatives que l’on pourra leur proposer plutôt que de licencier.
Ils ont besoin de personnes
compétentes et ont bien compris qu’ils sortiront de la crise en
s’appuyant sur leurs ressources y compris humaines.
De fait, pour gérer
au mieux cette période difficile, ils ont compris que leur intérêt
est de proposer de la formation à leurs salariés plutôt
que de les mettre en chômage partiel ou au pire de les licencier.
Cette disposition leur
convient sur le plan éthique et, les solutions que nous leur proposons
sont aussi financièrement intéressantes pour eux comme pour les
salariés.
Les équipes d’AGEFOS-PME
sont donc extrêmement mobilisées pour rencontrer les entreprises,
entendre leurs besoins et construire des actions de formations ou de VAE collectives
y répondant.
Des masses financières
conséquentes sont consacrées à ce plan anti-crise grâce
aux apports consentis par l’État, le Fonds Social Européen,
la Région Rhône-Alpes et AGEFOS-PME
L’attitude
des Dirigeants vis-à-vis des seniors a-t-elle évoluée
?
Oui, mais il y a encore beaucoup à faire. Les dirigeants ne sont pas
les seuls responsables .
Nous constatons que les seniors ne sont pas toujours demandeurs. La responsabilité
est donc très largement partagée.
Les statistiques de formation le prouvent, ils vont moins en formation que les
autres générations et pour la VAE c’est la même chose,
ceux qui s’engagent dans un processus ont moins de 40 ans.
Les résistances
des seniors résultent-elles : d’une démobilisation ?
Ont-ils le sentiment d’être au « top » et
de ne plus rien avoir à apprendre ? ou tout simplement le résultat
d’une culture de 30 années fondées sur le régime
de la préretraite ?
Une chose est sûre, il est indispensable de réconcilier les seniors
avec le goût d’évoluer, d’apprendre car leur maintien
dans l’entreprise et l’allongement de la vie professionnelle est
à l’ordre du jour.
Que faites-vous
pour remédier à cette situation ?
Nous mettons des moyens importants et proposons des prestations pour redonner
aux seniors l’envie de s’engager dans un projet. Nous avons créé
une prestation appelée « diagnostic de milieu de vie professionnelle »,
son but est d’amener le senior à se projeter dans sa deuxième
partie de carrière professionnelle et d’engager des actions de
formation, de validation d’acquis lui permettront de sécuriser
et de vivre le mieux possible son parcours professionnel.
On promeut avec l’AG2R,
des formations adaptées aux tranches d’âges des cinquantenaires
et des soixantenaires. Elles portent sur la « sensibilisation aux
droits à la retraite » et sur « comment faire évoluer
sa fin de vie professionnelle»
Nous proposons aussi des formations de formateurs et des formations de tuteurs.
Il est important de préciser
que les populations seniors, c’est-à-dire de 45 ans et plus bénéficient
d’un accès à la formation et à ses financements renforcés.
Qu’avez-vous
à dire sur le DIF ?
Le DIF est beaucoup monté en puissance.Bien sûr ce ne sont pas
les seniors qui y recourent le plus fréquemment.
Nous avons beaucoup communiqué sur le DIF. Nos conseillers vont dans
les entreprises, informent les dirigeants sur l’intérêt du
DIF, les encouragent à informer leurs salariés...
Quant à la nature
des demandes de DIF, elle portait plutôt sur les langues étrangères
et le développement personnel, mais aujourd’hui la crise incite
les salariés à se servir aussi de leur DIF pour faire des formations
longues, qualifiantes dans l’objectif de se professionnaliser et de sécuriser
leur parcours professionnel.
.
Sur les thèmes de l’intergénérationnel,
de l’employabilité, de l’âge comment vous y prenez-vous
pour faire évoluer les mentalités ?
Ce sont des sujets difficiles
qui nécessitent du long terme car les résistances aux changements
sont fortes. Nous essayons de concilier des ambitions à long terme avec
des résultats à court terme.
Pour faire bouger les mentalités
nous agissons sur plusieurs fronts :
On mixe notre activité entre des prestations pour les seniors - comme
le diagnostic de milieu de vie professionnel - on insiste sur des formations
pour les seniors parce qu’on les finance mieux et puis on mène
des actions auprès des dirigeants pour les sensibiliser.
On envisage de travailler sur la diffusion de « bonnes pratiques »
mises en place par certaines entreprises pour qui l’approche senior
n’est pas une spécificité mais s’inscrit naturellement
dans le cadre du management de leurs salariés.
Qu’avez-vous
à ajouter ?
Nous sortirons de la crise différent de ce que nous étions avant
d’y entrer. Une chose est sûre, les entreprises auront toujours
besoin de compétences. La crise devrait obliger employeur et salariés
à prendre du recul.
Certains salariés
vont prendre conscience de l’intérêt à renforcer leurs
acquis tant aux niveaux du « savoir faire », technique,
métier que de leur « savoir être »Ils seront
aussi vraisemblablement interpellés au niveau de leur « savoir
devenir »
La crise va sans doute
engendrer des évolutions, voire des changements. Que ceux-ci soient technologiques,
managériaux, ou comportementaux.
C’est donc précisément
le moment de mettre en œuvre les moyens existants en formation, pour accompagner
et anticiper le plus possible ces évolutions.
C’est dans ce sens
que l’AGEFOS-PME agit.
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Dominique BRUNON, Responsable
Recherche et développement
AGEFOS PME Rhône-Alpes
Tél : 04.26.68.40.15 - Fax : 04.26.68.40.19